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Interview: Shit Browne and Proud !

Tweendie: Chairman Meow sonne très New Order mais quel est le délire autour de cette chanson ?
Benjamin: C'est un morceau sur lequel j'ai pas mal travaillé. C'est une des compos où je me suis le plus investi même si c'est Denis qui a quand même fait la base rythmique… J'avais écrit des paroles mais ça ne donnait pas envie de les chanter car c'était un peu trop personnel. J'ai donc laissé Seb les reprendre à zéro.
Sébastien: En fait c'est une référence au film THX 1138. C'est un des premiers films de George Lucas. C'est un film très arty, complètement minimal, avec presque rien. Une sorte de conte futuriste sur le totalitarisme, avec un discours messianique. C'était donc un mélange de ce truc sur la religion et le contrôle des gens avec Mao, le grand timonier, qui en anglais donne Chairman Mao. Et Chairman Meow, c'est un peu une blague, avec le miaou. Ça en fait une sorte de figure tutélaire. C'est une sorte de truc sur l'état, à la manière d'Orwell.
Benjamin: Alors que je voulais en faire une chanson d'amour, il en a fait une chanson politique…. Mais c'est très bien comme ça…. Encore une fois, quelle plume !

Tweendie: A quoi correspondent les coordonnées de 3854'N -0126'E - 07-06-1989 – Eternal Love ? On a cherché sur Google Maps, on n'a pas trouvé...
Sébastien: Ah c'est bizarre que vous n'ayez pas trouvé, ça correspond à la longitude et à la latitude d'Ibiza. En gros, c'est un moment qu'on n'a pas vécu mais qu'on essaye de recréer vingt ans plus tard…C'est à Ibiza à 7H40 du matin, après une fête, évidemment sur la plage, une sorte de scène chill out. C'est un moment, un lieu, une sorte de faux souvenir, comme un rêve…On appelle ça une «raverie». C'est pas une vraie compo, c'est un genre de petit moment de planage total. C'est un hommage très clairement indirect à la came, aux drogues de synthèses…

Tweendie: On a dû se planter alors car quand on a entré les coordonnées, on était bien aux Baléares mais on pointait sur la mer...
Sébastien: Peut-être qu'à ce moment là on était sur un yacht et qu'on ne s'en souvient pas. On avait bien dansé sur les Happy Mondays la veille et on avait beaucoup pris de drogue de synthèses, on avait rigolé et c'était super quoi…

Tweendie: Question finale: allez-vous vraiment réinvestir chaque centime dans la fête ?
Hadrien: Ah, oui, autant que possible !
Sébastien: On s'en fait une sorte de principe de vie, à vrai dire !
Benjamin: On est plutôt cigales !
Sébastien: L'idée c'est de créer de la vie. Un gars du label avait mis ça dans une bio et ce n'est pas idiot. C'est un peu une arme anti-dépression. Ça fait quelques décennies qu'on peut manger et se vêtir. A partir de là se pose la question du sens de la vie. Quand la question se pose tout le monde devient dépressif. Créer de la vie, c'est fait pour enrayer ça, c'est trouver le temps de faire un deuxième disque, se retrouver avec les gens qu'on aime, danser, s'embrasser, rire, faire de la cuisine, de la peinture…
Hadrien: De la poterie !
Benjamin: Tout ça en même temps…
Sébastien: En fait, le titre on l'a trouvé en allant à une rave party en 1995 à Dijon Ville ! En arrivant, le gars nous dit: «c'est dix balles». On ne savait pas que c'était payant donc on se dit que c'est relou, qu'on n'était pas prévenus. Le mec finit par nous convaincre et on lui file les thunes. Et le gars, de façon très sentencieuse, émouvante et militante, avant qu'on parte, nous arrête et nous dit: «Chaque centime sera in-té-gralement réinvesti DANS LA TEUF !». Ça fait quinze ans mais ça m'a tellement marqué que j'ai tout de suite proposé ça pour le disque. Et ça colle quoi, c'est complètement l'idée ! C'est très littéral mais en même temps, c'est assez programmatique. Ça annonce la rigolade, mais une sorte de rigolade politique…C'est pas juste pour déconner, mais c'est un peu un système D-connade !
Denis: C'est comme sur notre morceau Sweetback, on dit: «We don't dance for fun, we dance because we have to» !

 

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