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Interview: Sous les lauriers de Caesar (The Wake)

Tweendie: Quand vous vous penchez sur votre carrière, avec du recul, prendriez-vous les mêmes décisions ?
Caesar: Nous étions vraiment très jeunes quand nous avons commencé donc nous n'avons jamais vraiment considéré cela comme une carrière. Nous faisions ça pour nous amuser, de la même manière que vous faites votre webzine. Enfin, c'était plus que ça, nous le faisions aussi parce que nous en ressentions le besoin. Quand j'y pense, nous avons sûrement dû faire quelques choix pas très judicieux à un moment ou un autre. Mais tout le monde en fait. Je ne crois pas qu'on puisse s'inscrire dans un projet artistique à long terme et ne prendre aucune mauvaise décision.

Tweendie: Vous ne pensez pas, par exemple, que vous auriez pu quitter Factory Records un peu plus tôt ?
Caesar: Pas vraiment, non. A un moment, les gens d'Island Records nous ont fait de l'oeil. C'est une major qui s'est occupée d'artistes comme U2 ou Bob Marley. Ils voulaient nous signer après que nous avons écrit notre fameux Talk About The Past. Je dois dire qu'à l'époque nous y avons réfléchi à deux fois car Factory était en train de changer. Mais le courant n'est pas passé avec Island Records. Nous nous sommes fâché avec eux sur le fait qu'ils ne voulaient pas nous laisser faire d'album sans singles. Du coup, nous sommes restés sur Factory où nous avons pu sortir le disque que nous désirions avec les singles bien séparés de l'abum. Sur une major, il n'y pas les mêmes libertés créatives. Cependant, Factory a commencé à devenir plus «dance» et nous avons fini par ne plus nous y sentir à notre place. C'est à ce moment là que Sarah Records est apparu. Je crois que le passage chez Sarah s'est fait très naturellement. Rien n'était planifié. Je pense que beaucoup de groupes indés opéraient de la même façon: on vivait au jour le jour, sans trop se poser.

Tweendie: Alors finalement, comment avez-vous atterri chez Sarah Records ?
Caesar: Comme je vous le disais, on nous a proposé un contrat chez Islands Records mais quand nous avons rencontré la personne qui devait s'occuper de nous, nous avons tout de suite su que ça ne marcherait jamais. Nous aurions pu rester chez Factory... D'ailleurs nous y sommes resté un petit moment ! Nous avons sorti un autre EP chez eux. Mais le label a pris un tournant très dance et ce n'était pas vraiment la direction que nous souhaitions prendre. Rob Gretton, un des types qui nous a signés, et accessoirement manager de Joy Division, était de moins en moins impliqué dans les affaires du label. Il s'en éloignait même. C'est à ce moment là que nos amis de The Orchids nous ont dit que Matt, l'une des deux personnes derrière Sarah, aimait ce que nous faisions. Nous lui avons envoyé quelques nouveaux morceaux et le changement de label s'est fait dans la foulée. C'était une expérience tout à fait différente de Factory car nous revenions à de la pop à base de guitare.

Tweendie: Et puis, en restant sur Factory, vous courriez aussi le risque de devenir des clones de New Order, non ?
Caesar: Absolument. Et d'ailleurs, je pense que pas mal d'artistes sont tombés dans ce piège. Beaucoup de groupes commençaient à ressembler de plus en plus à New Order. Ce qu'ils faisaient étaient toujours très bien mais, personnellement, j'ai toujours été plus branché guitares.

 

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