Tweendie: En plus, quand vous avez quitté Factory Records, l'activité du label était plutôt focalisée sur les Happy Mondays !
Caesar: En effet, oui. Les Happy Mondays n'étaient pas encore très connus à l'époque mais ils étaient signé chez Factory. Vinni Rilley de The Durutti Column avait essayé de les produire mais il n'y était pas parvenu et avait même dû quitter le studio tant ils étaient bruyant et agressifs. Vinni, lui, est quelqu'un de paisible et silencieux. C'est la première histoire que j'ai entendue à leur sujet. Mais à côté de ça, les choses avaient commencé à bouger sur Factory. Beaucoup de groupes avaient rejoint le label. Comme je l'ai dit, nous aurions pu y rester mais je suis assez content que nous soyons allés chez Sarah car c'est une bonne chose d'avoir été sur deux labels qui sont restés gravés dans la mémoire collective. Quand nous jouons à Londres, ou à Paris comme ce soir, je remarque que le public n'est pas composé que d'adeptes de nos albums de l'époque Factory. Il y a aussi de simples amateurs d'indie-pop et cette mixité est quelque chose de bien.
Tweendie: Vu de l'extérieur, on dirait que tous les artistes de Sarah Records sont amis. Plusieurs musiciens jouaient dans différentes formations. De quels groupes étiez-vous proches et lesquels comptent toujours parmi vos amis ? The Orchids probablement ?
Caesar: Oui, nous sommes encore proches de The Orchids. The Field Mice également. Nous sommes d'ailleurs très amis avec Bobby [Wratten], qui était le chanteur de The Field Mice et reste toujours à la tête de Trembling Blue Stars. Nous avons un side-project dont Bobby fait partie (The Occasional Keepers). Et chaque été, Carolyn et moi descendons le voir à Londres. D'ailleurs cet été, je vais aussi en profiter pour jouer de la guitare sur le nouveau disque de Trembling Blue Stars. Un nouvel album et un EP sont prévus. En fait, Bobby était probablement notre meilleur ami sur Sarah Records. Pour ce qui est des autres groupes, nous les croisions seulement de temps à autres lorsque nous partagions l'affiche en concert, mais nous ne les connaissions pas vraiment. Ceci dit, vous avez raison, on retrouvait quelques dénominateurs communs dans certaines formations de Sarah Records.
Tweendie: Oui car quand on lit les biographies des groupes, il ressort cette impression là. Harvey Williams, par exemple, a joué dans quasiment tous les groupes de Sarah Records. On a le sentiment que lorsqu'un membre quittait une formation, un musicien d'un autre groupe pouvait le remplacer illico.
Caesar: C'est vrai. A Glasgow ça se passait aussi un peu comme ça. Il y avait The Pastels, Teenage Fanclub, BMX Bandits et j'en passe... Et chacun jouait dans le groupe des autres.
Tweendie: Êtes-vous nostalgique de cette époque ?
Caesar: Ça fait environ dix ans que nous avons mis The Wake en pause mais je dirais que faire de la musique me plait encore plus maintenant qu'avant, que ce soit au niveau des lives ou de l'enregistrement. Je crois que nous nous sommes améliorés avec le temps. Mais il y a quand même des choses que je préférais avant. Je trouve que la scène musicale était plus excitante à l'époque. Enfin, c'est sans doute parce que j'étais plus jeune et peut-être que pour vous, tout ce qui se passe maintenant est vraiment génial. Je pense que c'est propre à la jeunesse d'être enthousiaste et d'avoir l'impression que les choses sont en train de se passer. Mais à vrai dire, je pense aussi que Glasgow était un vrai vivier d'artistes à l'époque.
