Les live-reports se sont fait rares depuis quelques mois sur Tweendie. Pourtant, votre équipe chic et choc a continué à fréquenter les salles de bal avec la même ferveur. Vous aurez donc compris que toutes ces soirées passées à valser étaient autant de temps en moins derrière nos écrans. Il fallait bien un concert hors-norme - tel que celui de Belle And Sebastian - pour que nous remettions le pied à l'étrier.
Bien assis dans les fauteuils du Grand Rex, l'apéritif musical nous sera servi par les Glasvégiens de Zoey Van Goey. Simple, efficace et crescendo dans son intensité, la pop du quatuor sera également animée par les intermèdes franco-comiques de son batteur canadien (anglophone).
De cette prestation, outre la découverte d'un groupe intéressant, on retiendra la qualité d'une setlist ponctuée par deux très bons morceaux; mention spéciale à Robot Tyranosaur où, lors du refrain, notre ami du pays de Roch Voisin est parvenu à faire scander le nom du dinosaure en question à un public conquis - non sans avoir, au préalable, fait un rapprochement avec le nom de la salle.
Lorsque les onze musicens de Belle And Sebastian font leur apparition sur scène, une vague de ferveur emplit Le Grand Rex. Les fauteuils se vident et la foule s'amasse dans une fosse improvisée. Les stars de la soirée entament alors le show par leur hommage à celles de l'athlétisme: The Stars Of Track And Field. Jonglant entre anciens et nouveaux morceaux, les Ecossais dévoilent un large éventail de leur répertoire.
Bien sûr, ce choix fera forcément des déçus. Mais à la vue d'une discographie aussi riche en qualité qu'en quantité, on se doit de saluer l'exhaustivité proposée.
On restera tout d'abord scotchés par ce son si fabuleux: de la voix de Stuart Murdoch à cette orchestration où chacun, sans exception, a sa place; tout est parfait. D'ailleurs, parmi les membres du groupe, on remarquera la sympathie de Stevie Jackson dont l'entraînant I'm Not Living In The Real World a fait souffler un vent «Vampire Weekendesque».
A tous les étages du Grand Rex, les gens dansent. Les saltimbanques les plus val(h)eureux seront même invités sur scène avant de se voir remettre une médaille d'or par Stuart pour leur performance. Ce dernier, en grande forme, n'est d'ailleurs pas en reste lorsqu'il s'agit d'esquisser quelques chorégraphies hasardeuses. Facétieux, il multiplie les échanges avec le public: peinture des cils au mascara par une fan lors de Lord Anthony, déclarations d'amour réciproques, nouvelles invitations sur scène... Le clou de ce spectacle sera sûrement son passage au balcon du décor «Pizza Del Arte Vs. Disney» de l'enceinte.
Une chose est certaine, du culte Piazza, New York Catcher au plus récent I Didn't See It Coming, Belle And Sebastian aura su faire l'unanimité. D'ailleurs, la bonne humeur demeurera constamment partagée.
Car malgré un rappel (énergique mais constitué) d'un seul et unique titre, lorsque les lumières se rallument, c'est le sentiment d'avoir assisté à un évènement inoubliable qui prédomine. En effet, le set en lui-même, frôlant les vingt morceaux, aura sû maintenir le public en haleine durant plus d'une heure et demi. Alors plutôt que de faire la fine bouche, on préfèrera repartir le sourire aux lèvres.
Setlist:
The Stars Of Track And Field
Expectations
Write About Love
Women's Realm
I'M Not Living In The Real World
Piazza, New York Catcher
I Want the World To Stop
Lord Anthony
Sukie In The Graveyard
The Fox In The Snow
If You're Feeling Sinister
I'm A Cuckoo
The Wrong Girl
I Didn't See It Coming
The Boy With The Arab Strap
If You Find Yourself Caught In Love
Judy And The Dream Of Horses
Sleep The Clock Around
The Blues Are Still Blue
