Dire que le bien nommé Sophomore Release était attendu est un euphémisme: même si chaque sortie du label Matinée Recordings représente un petit évènement en soi, l'arrivée d'un successeur à l'excellent Doubleplusgood est bien plus qu'une bonne nouvelle.
En appliquant la même recette - celle qui avait fait le succès de son premier album - Lawrence «Laz» McLusky se plaît à poursuivre son chemin dans un genre qui lui sied si bien. Nostalgique des radios pirates, l'Ecossais offre, avec Caroline's Radio l'entame parfaite à ce second long-format. D'une efficacité remarquable, le titre propose une alchimie parfaite entre pop 60s et rock 80s.
En effet, avec cet entrain si propre aux Beach Boys et une insouciance digne du Doolittle des Pixies, Bubblegum Lemonade surprend par son aisance. Les riffs du Glasvégien ne manquent d'ailleurs pas de nous rappeler au bon souvenir du Velvet Underground: il y a du Sunday Morning dans Maybe Someday; quant à When She Goes, on se plaît à y voir le reflet d'Here She Comes.
Ainsi, d'emprunts subtils et inspirés, en compositions tout à fait actuelles et modernes, cet aspect symétrique, présent le long de Sophomore Release, fait également tout son charme. Au final, il parvient difficile de ne pas poursuivre les analogies et de ne pas évoquer l'Orange Skies de Love à l'écoute du Autumn Sky de Laz McLusky. Et lorsque l'entrainant Last Train To Clarkston vient mettre un point final à ce second chapitre musical, on ne peut s'empêcher de souligner une gémellité avec son ouverture.
En définitive, Bubblegum Lemonade continue donc de nous ravir avec ce qu'il sait faire de mieux: une musique racée, aux multiples références datées, mais toujours aussi originale et truculente.
[2010 - Matinée Recordings]
