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Edward Sharpe And The Magnetic Zeros - Up From Below

Edward Sharpe And The Magnetic Zeros a sorti le 14 juillet dernier (oui on a procrastiné pour écrire cette review), chez Vagrant Records, son premier album intitulé Up From Below, le dernier opus notable dans la veine hippie orchestrale du moment.



Dès le premier titre (40 Day Dream), on commence à avoir des visions de concert, un truc en plein air, une pinte de bière fraîche et plate à la main, tournoyant sur nous même, souriant comme des idiots et fermant les yeux. Parce que vous pouvez dire ce que vous voulez sur les musiciens qui créent des communautés, vous et moi savons très bien que vous rêvez d’en faire partie. Comme tout le monde. Pas forcément dans la réalité, mais au moins dans la petite vie parfaite d’artiste indé que vous avez crée dans vos petites têtes de jeunes mecs (filles) qui portent des chemises western.
Edward Sharpe c’est un peu comme si Devendra Banhart avait essayé de faire du Arcade Fire. Une voix un peu fausse et haut perchée, des intonations qui dérapent et mènent la danse, des rythmes qui sentent le désert, l’euphorie des drogues douces et la communauté hippie.
Bon, «hold your horses», Up from Below n’est pas l’album hippie-orchestral parfait. L’ensemble sonne un peu forcé à certains moments; on est presque en 2010, plus en 1970. Du coup, forcément, il y a des passages où on se dit que le groupe aurait pu y aller plus en subtilité dans les clichés, moins de posage, moins de micros qui chuintent et de tambourins, et moins d’étalage d’amour inconditionnel de l’humanité (et de l’un l’autre: voir Home). Mais la qualité pop-orchestrale de la plupart des titres réussit plutôt bien à effacer ces idées de notre tête. Et je ne dis pas ça uniquement parce que Home passe en boucle sur mon iPhone depuis quelques temps et que je me surprends à siffloter avec un sourire en coin dans le métro, en pensant à quel point ça serait génial de monter un groupe avec des amis, de vivre dans un bus scolaire et d’aller jouer dans des festivals du Sud de la Californie.
Et malgré des titres sur lesquels une pop qu'on peut qualifier d'américaine revient au galop, Carries On qui n’est pas grand chose de plus que du U2 mielleux version Sud des USA; Le gros de l’album est peuplé de petites perles: Kisses, chanson mariachi mexicaine remixée pour faire bouger les têtes des festivaliers, Jade, petite ballade mignonne qui sent bon l’amour et le thé vert ou Desert Song qui sonne comme si Genesis fumait des joints dans le Mojave après avoir écouté des artistes canadiens de la fin des années 2000 (d’aujourd’hui quoi).

En bref, Edward Sharpe And The Magnetic Zeroes est une formation au style encore un peu bancal. Cependant, Up From Below dispose de cette faculté de nous envoyer directement des images dans la tête. Des images, de chaleur, de couchers de soleil, de guitare sèche, de concert en plein-air et de fêtes, le tout en sépia. C’est un peu un prospectus pour une communauté hippie du 21ème siècle, et toi, forcément t’as envie de remplir le bon d’adhésion.

 

[2009 - Vagrant / Beggars]

 

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