L'unique indice permettant de deviner que les Magic Kids proviennent de la mythique ville de Memphis se trouve dans le titre de leur premier album. Il faut effectivement reconnaître que ces gamins du Grand Sud tiennent bien plus de Brian Wilson que d'Elvis Presley ou B.B. King.
Ronde et très bien produite - Shane Stoneback, aux commandes, a déjà sévi auprès de Vampire Weekend - la pop de Magic Kids fleure tellement bon le soleil. Cette impression parait si forte que Phone et sa rythmique particulière, d'entrée, nous donne l'illusion de célébrer Noël en été. Au milieu du sable des plages de surf, mais surtout des violons, guitares, cuivres ou autres choeurs omniprésents, la voix de Bennett Foster trouve parfaitement sa place. En effet, jamais cacophonique, l'instrumentation apporte exactement ce qu'il faut d'ingrédients pour composer chacun des onze courts tubes de Memphis. Dans ce grand-huit pop, on se décoiffera alors l'esprit dans les descentes accélérées de Superball avant de pouvoir reprendre son souffle au son du langoureux Hideout et du si bien nommé Summer. Mais c'est probablement avec le titre qui les a révélés en 2009 que les Magic Kids réalisent leur meilleur tour (de looping). Comment faire plus «Beach Boyesque» que l'excellent Hey Boy ?
Pour autant, la musique du groupe demeure tout sauf un énième pastiche du genre; à vrai dire, elle ne souffre même d'aucun complexe comparée aux productions actuelles. A titre d'exemple, une chanson comme Little Red Radio n'a strictement rien à envier à n'importe laquelle des compositions de The Drums.
Pourquoi devrait-on alors s'effaroucher devant le fait que la pop, comme la mode, se définit peut-être comme un éternel recommencement ? Si les Magic Kids font du jeune avec du vieux, ils le font avec chaleur, enthousiasme mais surtout, beaucoup de talent et juste ce qu'il faut de renouveau.
[2010 - True Panther / Beggars]
