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Neon Indian - Psychic Chasms

Neon Indian - Psychic ChasmsPsychic Chasms, premier album de Neon Indian, raconte une histoire psychédélique et permet à son auditeur d’en faire une interprétation quasi-kaléidoscopique. Vous savez : vous prenez l’objet, vous le secouez (en l’occurrence vous l’écoutez), et vous n’y voyez pas la même chose que votre voisin. Certains peuvent percevoir des références 80s, une apologie de la drogue, comme d’autres peuvent sentir le côté intimiste de la synthpop d’Alan Palomo. Il n’y a pas de bonne (ou mauvaise) réponse car aucune catégorie arrêtée ne peut définir cet opus, court de 30 minutes, fort de douze pistes.

 


Psychic Chasms est bien agencé. L’harmonie y est maintenue autant par les thèmes abordés que par les 3 skits (en début, milieu et fin d’album) qui sauront faire écho à d’autres chansons plus longues. Par exemple : 7000 finit l’album en une reprise de 6669 (I don’t know if you know). La piste liminaire (AM) nous emmène vers ce qui est indubitablement le morceau phare de l’album : Deadbeat Summer ; qui, à la lumière de ses synthés tamisés et ses paroles presque susurrées, nous renvoie à la moiteur d’un été passé à la plage à boire des cocktails sympas. C’est surement ça qu’on appelle la chillwave. Terminally Chill produit à peu près le même effet.

Le fil rouge thématique semble être la drogue et ses effets désinhibants ou hallucinatoires. On retrouve cela dans Laughing Gas mais surtout dans Should Have Taken Acid With You, qui est la plus envoutante des douze pistes.
Comme on vous le laissait entendre avec notre image du caléidoscope, les références et les hommages sont multiples, c’est donc presque naturellement que l’on découvre aussi un petit côté italo-disco (aux synthés plus aiguisés) vers la fin de l’album avec les très bons Psychic Chasms ou Local Joke.

On ne peut pas ignorer l’humour présent dans le choix des titres. Pensons à Terminally Chill ou Ephemeral Artery. Des rudiments d’anglais devraient vous aider à élucider ces jeux de mots (un niveau brevet des collèges suffira). Et si le nom Psychic Chasms évoque ces instants d’incohérence ou ces brèves pertes de mémoire dues à une trop grande consommation de produits « dangereux pour la santé », il y a bien une chose qu’il serait dommage d’oublier, c’est cet opus. C’est d’ailleurs dans cette optique que je le passe en boucle, dans mon living-room, histoire d’avoir ma dose.

Si vous aviez raté la sortie, en octobre, de ce qui pourrait être la bande son de vos randonnées champêtres comme celle de vos beuveries, il n’est jamais trop tard pour rectifier le tir, voire même pour vous faire offrir ça par Mamie à noël.

 

[2010 - Lefse]

 

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