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The Mary Onettes - Islands

The Mary Onettes - IslandsEn vous disant: «No one is an Island», je ne fais que citer Nick Hornby qui cite un Bon Jovi peut-être un peu naïf sur la condition humaine. Si ces deux là pensent que nul n’est insulaire, tel n’est pas le cas pour Philip Ekström, leader des Mary Onettes, quatuor de dream-pop suédoise. Il a en effet décidé d’intituler son deuxième album Islands car, selon lui, chacune des chansons y figurant était assez élaborée pour fonctionner par elle-même, telle une petite île indépendante. Ces propos semblent étranges dans la bouche d’un artiste qui voudrait décrire son œuvre. On est en droit de se demander si l’absence d’unité d’Islands ne risque pas de le desservir. Penchons-nous donc sur le cas de cet archipel de dix îles pour voir ce qu’il en est.

 


Il est de bon ton (mais souvent difficile et parfois caricatural) de situer le genre musical de l’album dont on vous parle. On va donc vous dire que la musique des Mary Onettes est vraiment tournée vers les années 80. On lui prête des influences telles qu'Echo And The Bunnymen, The Jesus And Mary Chain, The Cure ou encore Joy Division (groupe cité quasi-obligatoirement à chaque fois qu’on parle des 80s).
Une fois ces remarques un peu faciles posées, on peut se concentrer sur le fait qu’en dehors de ses parfums post-punks, Islands a presqu’un côté twee.

Un élément saute aux yeux (oreilles), c’est la qualité lancinante des refrains. Une ou deux phrases scandées et répétées par la voix prenante de Philip Ekström aident à rendre l’écoute de l’album aussi facile qu’agréable. Cela participe aussi à la construction du côté mélancolique de l’opus. Ce sentiment de nostalgie est d’ailleurs très tangible dans les thèmes abordés sur certaines chansons. Pensons à The Disappearance Of My Youth, Puzzles, Once I Was Pretty où le simple fait de regarder en arrière est évoqué comme une action douloureuse. Cette lamentation est sublimée par la sobriété instrumentale qui touche discrètement au grandiose. On remarque cela dans le très poignant Cry For Love, où tous les instruments s’ajoutent doucement les uns aux autres en allant crescendo jusqu’au refrain qui nous invite à ne pas pleurer par amour. De toute façon; pleurer, c’est mauvais genre.

Des titres semblent sortir du lot: Puzzles ou Symmetry, par exemple. Les synthés de Puzzles donnent un petit côté mystique à la phrase: «let’s talk about what feels strange on the inside». On pourrait d’ailleurs voir cette citation comme une consigne, une invitation à découvrir ce qui suit, où on liste tout ce qui déraille dans leur for intérieur. Dans Symmetry, la piste la plus musicalement différente des dix autres, on découvre quelqu’un de blessé qui veut détruire l’autre pour lui rendre la pareille.
Si l’album parait un peu sombre dans l’ensemble, il offre quand même un peu d’espoir avec un titre comme Whatever Saves me, où un futur semble possible.

 

En définitive, Islands, sorti le 4 novembre 2009 sur le label Labrador, offre une post-punk plus que remarquable. Si on se questionnait, au début de cette chronique, sur le manque d'homogénéité de l'album, il faut souligner que cet aspect ne dessert aucunement Islands. On se dit que, s’il vaut mieux lire un recueil de très bonnes nouvelles qu’un roman ennuyeux, alors il en va probablement de même en musique.

 

[2010 - Labrador]

 

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