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Every Single Penny Will Be Reinvested In The Party est le premier album des cinq Parisiens de Shit Browne. Plus qu'une appellation, c'est tout un univers et une philosophie qui se résument derrière ce joli titre.
Malgré la fraîcheur des compositions, il y a quelque chose de solennel et de manichéen dans les premières notes du psychédélique No Artifice. Nous ignorons si André Breton avait l'étoffe d'un amateur de pop music, mais avec Shit Browne, l'immersion sera convulsive ou ne sera pas; car une fois ce rite initiatique passé, nous pouvons alors nous plonger dans le mélodique Sunflowers qui, par ses accents twee, nous rappelle vaguement White Shirt des Charlatans. La ballade est néanmoins de courte durée puisque avec l'envoûtant Electronics, de nouvelles tribulations organiques prennent le dessus. Néanmoins, il ne s'agit que d'un prétexte à une nouvelle envolée acidulée; en effet, et pour notre plus grand plaisir, Betty's Cake et ses arpèges 80s ne sont pas sans rappeler les Ecossais de The Pastels. Mais plus qu'un genre, c'est alors toute une époque qui se voit, non pas resuscitée, mais transcendée. Si l'énergique New Colour nous incitait déjà à déployer quelques uns des plus beaux mouvements travaillés devant la glace fixée sur la porte de notre placard à chaussures, on ne peut alors que difficilement refuser l'invitation proposée par le baggy à souhait Don't Ask. Et de l'hybride Chairman Meow, coincé entre The Stone Roses et New Order, le voyage générationnel suit son cours avec le synthétique Sweetback où la doctrine du quintette prend tout son sens («We don't dance for fun / We dance because we have to»). Après un court intermède résolument punk (She's A Party), le groupe s'offre, avec Browne And Proud, un hymne à la gloire de ses mentors. Par ailleurs, le titre permet de souligner un travail d'écriture sans fioriture mais empli de dérision. Et puisque l'heure est à la fête, l'album se conclut par un véritable appel au dancefloor. Winter Collection n'est pas qu'un tube, c'est également une très belle ouverture sur l'avenir...
Shit Browne prétend n'avoir rien inventé; qu'importe, de nos jours, l'heure est à la simple création. Every Single Penny Will Be Reinvested In The Party a beau se construire autour de nombreuses influences, parfois hétéroclites, le résultat n'en demeure pas moins sincère, cohérent et surtout, bien mené. Dès lors, comment ne pas classer ce premier album comme l'une des très bonnes suprises de cette année 2010 ?
[2010 - Asphalt Duchess]
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